La pratique de Shitamichi Motoyuki se développe à partir de recherches de terrain qui se déploient dans une pluralité de  médiums  :  photographies,  vidéos,  dessins,  publications. Ses œuvres sont issues d’enquêtes qu’il mène sur des territoires divers marqués  par  le temps et les usages. À la manière d’un archéologue, l’artiste met à jour des récits occultés ou oubliés qui continuent d’impacter le présent. Un exemple de ses investigations est la série Torii, 2006, un ensemble de photographies de portiques traditionnel japonais autrefois érigés à l’entrée des sanctuaires et que l’on trouve dans différentes régions du monde. L’artiste y explore la manière dont les formes symboliques et historiques se traduisent et se transforment dans des climats culturels et politiques divers et au fil du temps.

Pour prologue, l’artiste présentera 14 years old & the world & borders une œuvre commencée en 2013 et présentée à la Biennale de Gwangju en 2016. Ce travail est le fruit d’une série d’ateliers menés par l’artiste avec des élèves du secondaire du monde entier.  Pour cette itération, l’artiste dialoguera avec des étudiants de divers collèges publics du Nord-Est parisien et franciliens autour de la notion de «frontière» et de sa résonance dans leur vie quotidienne. Les textes écrits par les élèves  seront publiés dans des journaux locaux et constitueront le support de l’œuvre. Il s’agit pour l’artiste d’engager les jeunes citoyens dans des réflexions contemporaines qui impacteront leur futur en tant qu’adultes et de donner à entendre leurs voix au sein d’un espace d’infleunce où elles côtoieront les chroniques nationales et mondiales.

Le travail de l’artiste a fait l’objet d’importantes expositions à l’échelle  internationale, incluant des monographies dans de nombreuses institutions dont  :  Miyagiya, Okinawa (2018) ; V54, HongKong (2017) ; Kurobe  City  Art  Museum, Toyama  (2016)  ;  Toyota Municipal Museum of Art, Aichi (2016). En 2019, Shitamichi Motoyuki représente le pavillon Japonais lors de la 58e Biennale de Venise. Ses œuvres font  partie  de  nombreuses collections dont KADIST, Paris, San Francisco ; Toyota Municipal Museum of Art ; Mori Art Museum, Tokyo  ; National museum of Art, Osaka. En 2012, Shitamichi Motoyuki a remporté le prix Gwangju Biennale Noon, décerné aux artistes émergents.

Image : Shitamichi Motoyuki, 津波石♯11 / Tsunami Boulder 11, film, 2 min 26 s 08, Tarama-Island, Tarama-son Miyako-gun Okinawa, Japon 02/11/2018 à 12:32. Courtesy de l’artiste