Maurice Blaussyld travaille à l’intersection de la forme et de la philosophie, où il rencontre ce qui existe et persiste, par-delà l’Art et par-delà la perception simple. Sa matière, ce qui s’apparente entre autres à la peinture et à l’écriture, à l’installation et à la photographie, à la vidéo et au son, surgit telle une interrogation sur l’existence, le monde, l’homme, la mort. Elle apparaît autant qu’elle disparaît en un point unique, formée par aucun concept ou pratique. Là, il n’y a pas d’Art, ni d’oeuvre, ni même d’objet, car ce qui se laisse être existe hors du temps tout en y étant résolument ancré, en une volonté de sa régénération, de sa recréation. Par un flux constant où s’unifient dans l’invisible et l’inaudible, apparition et disparition ; sans commencement se manifeste une forme essentielle irréductible, indéfinissable ; un temps …

Pour prologue, Maurice Blaussyld voit un ensemble formel au sein duquel le son, la voix,  la lumière, se laissent être autant que l’obscur et le silence, en une variation de degrés qui diffèrent dans l’indicible. Par-delà toute communication comme non communication, l’apparition et la disparition sont concomitantes et identiques. L’activation ou non de la technologie nous signifie que nous ne sommes ni spectateur, ni agissant sur une œuvre quelconque ; qu’il n’y a là que rencontre d’une solitude. Ce qui ressemble à des textes, que Blaussyld nomme « tapuscrits », se fondent et se confondent avec ce qui semble les accompagner. Là tout est parole mais sans dire, mais aussi sans former le silence ; de là s’offre un signe ouvert, inconnu et inaccessible. Cette parole est aussi tout autre chose ; elle déploie, en une analyse poétique, une sorte de transe verbale, une conscience de ce qui lie l’être au monde. Là, le tapuscrit nous met face à une pensée de l’existence, à un  sens qui existe doublement, indépendamment de notre lecture et par elle-même.

Maurice Blaussyld a présenté son travail dans le cadre de multiples  expositions personnelles en France et à l’international, notamment à la Fondation d’Entreprise Ricard, Paris (2017); LLS 387, Antwerp (2013). Il a participé à de  nombreuses  expositions collectives récemment au Palais de Tokyo, Paris (2019) ; MAC’s – , Grand Hornu (2019) Biennale d’Art Contemporain, Les Ateliers de Rennes (2016) ; MAMCO, Genève (2015) Nouveau Musée National de Monaco (2012). Ses oeuvres font partie entre autres des collections du FNAC – Fond national d’art contemporain, FRAC – Fonds régional d’art contemporain Bretagne, FRAC Île-de-France, FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA, IAC – Institut d’art Contemporain/Villeurbanne, S.M.A.K. – Stedelijk Museum voor Actuele Kunst.

Le projet de Maurice Blaussyld pour Tongue on Tongue reçoit le soutien de la Fondation des Artistes – Commission Mécénat. 

Image : Maurice Blaussyld, vue de l’exposition Maurice Blaussyld, Galerie Allen, 2019 Courtesy de l’artiste & Galerie Allen (Paris).