Mêlant performance, texte, installation, design et photographie, le travail de Garance Wullschleger interroge nos modes de vies contemporains dans un contexte où l’insécurité,   le contrôle des corps, le survivalisme et la quête du bien-être s’augmentent mutuellement   et de manière exponentielle. À la frontière entre l’utopie et la dystopie, partant du domaine du connu vers celui de l’inconnu, jouant sur les échelles, de l’individuel à l’universel, et se défaisant de la linéarité du temps, l’artiste déplie un univers nomade dans lequel le spectateur est invité à baisser sa garde pour repenser l’être au monde.

Pour prologue, Garance Wullschleger nous  propose  une  plongée  dans  la  mémoire  tant intime que collective. Dans  une  série  de  performances-visites  en  trois  temps  –  corps, maison, grotte  –  l’artiste  nous  guide  pas  à  pas  au  travers  d’une  quête  existentielle  à  la fois individuelle, collective, sociale et universelle. L’entrée de cette traversée se fait par l’exploration d’un dénominateur commun  :  le  corps  humain.  Un  corps  recouvert  de  mots, de pensées, de souvenirs, une mue tantôt script ou souffleur qui amène le corps de la performeuse et ceux des spectateurs  à  se  scruter,  se  mouvoir,  se  rapprocher  pour  au  final ne faire plus qu’un. Cette peau s’étire ensuite pour parler de l’espace, celui toujours lié à l’intimité mais cette fois construit par l’Homme : la maison. Un lieu-concept, transitoire par excellence et support à la construction de l’individu. Enfin, c’est au sein d’un espace plus symbolique encore  que  Garance  Wullschleger  terminera  sa  visite  :  la  grotte.  S’inspirant  de la propre visite de l’artiste de la grotte préhistorique de Chauvet – Pont d’Arc, ce partage d’expérience  permet  d’inscrire  cette  série  de  performances  dans  une  échelle  dépassant celle de l’individu voire celle de l’Histoire en invoquant le fondement même de l’être et de la création.

Après avoir suivi un cursus en arts-appliqués et plus précisément en  design  textile, Garance Wullschleger obtient son DNSEP – Diplôme National Supérieur d’Expression Plastiques à l’ENSBA – École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon en 2019. Son travail a récemment été présenté à Jedna Dva Tři Gallery, Prague (2019) dans le cadre d’une résidence d’artiste à Petrohradská Kolektiv en duo avec l’artiste Anna Reutinger ; à  la Fondation d’Entreprise Ricard, Paris (2019) ; à KlaraKiss Zipspace, Zurich (2019) et à Academiæ – Youth Art Biennale, Franzensfeste (2018).

Image : Garance Wullschleger et Anna Reutinger, Après moi, le déluge, installation et performance, KlaraKiss Zipspace, Zurich, 2019 / Performeurs : Garance Wullschleger et Anna Reutinger. Courtesy des artistes.