Dora García examine et recompose les paramètres qui conditionnent les relations entre l’artiste, l’œuvre et le public. Utilisant une variété de médium dont la performance, l’installation, la photographie, la vidéo et le texte, ses œuvres rendent poreuses  les frontières entre fiction et réalité. Dans sa pratique de la performance, par exemple, elle fait souvent appel à des intermédiaires qui mettent l’espace en mouvement, consciemment ou inconsciemment, à travers des scénarios qui suscitent des doutes quant à la nature fictive ou spontanée d’une situation donnée.

Pour prologue, Dora Garcia présente une version in situ de sa performance Translation/Exile, 2017, une marche urbaine entre deux personnes : un « insider », intégré à l’espace social, et qui jouit ici d’une carrière reconnue dans le monde de l’art et un « outsider », récemment arrivé dans la ville et peu ou pas familier des logiques et circuits de la sphère artistique contemporaine à Paris. Au fil de cette marche, que les visiteurs sont invités à suivre, les deux protagonistes partageront leurs communes et différentes expériences de la ville et du monde de l’art ; vocabulaire, connaissances et codes sociaux se rencontreront puis se verront matérialisés dans une carte et deux carnets de notes qui tous porteront l’empreinte de cet échange. Outil de traduction en soi, la marche suit un itinéraire qui peut se voir redéfini au gré de la discussion, des obstacles et des rencontres. Dans cette rencontre de subjectivités est tapie la potentialité d’une remise en question des hiérarchies des savoirs et des codes sociaux.

Dora García a eu des expositions personnelles notamment au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid (2018) ; Tensta Konsthall, Stockholm (2018) Fondation d’Entreprise Hermès, Bruxelles (2017) ; The Power Plant, Toronto (2015). Elle a participé à des expositions collectives dans de nombreuses institutions dont La Triennale d’Aichi (2019) ; MACBA – Museu d’Art Contemporani de Barcelona (2018) ; Casco Art Institute, Utrecht (2017) ; 11ème Biennale de Gwangju, Corée (2016) ; 56ème Biennale de Venise (2015). Son travail fait entre autres partie des collections du Musée National d’Art Moderne– Centre Pompidou, Paris ; SFMOMA – San Francisco Museum of Art, San Francisco ; Henry Art Foundation, Seattle ; KADIST, Paris ; MACBA, Barcelone ; Flannan Browne Collection, Royaume-Uni.

Image : Dora García, TRANSLATION/EXILE, performance presentée pendant Phenomenon 2, Anafi, 2017 © Alexandra Masmanidi / Courtesy de l’artiste.