Espiègles et poétiques, les oeuvres de David Horvitz s’amusent du langage, du temps et des réseaux. Elles tentent d’échapper à toute catégorisation pour se focaliser sur la question de la distance entre les lieux, les êtres et à travers le temps et s’interrogent sur la possibilité de s’approprier, de détourner voire même d’effacer cette distance. Horvitz rassemble des images, des textes, des objets et des flux qu’il laisse par la suite se disséminer indépendamment de lui afin qu’ils pénètrent en profondeur la sphère de l’intime. Laissés en tête à tête avec ses oeuvres, parfois même engagés dans l’action,  nous sommes d’autant plus attentifs à cet art attaché aux détails et au presque rien qui  force notre imagination. Comme des berceuses qu’il imprimerait dans nos têtes, Horvitz utilise l’art à la fois comme un objet de contemplation et comme un outil viral et invasif pour enclencher des changements à l’échelle individuelle.

Pour prologue, David Horvitz propose d’investir 25 laveries dispersées dans les 9ème, 10ème et 18ème arrondissements de Paris afin de former un parcours  itinérant  dans lequel le public est acteur.  Ce projet, montré dans un espace du quotidien à la fois intime et public, présente des piles d’affiches anonymes illustrant chacune une lettre différente de l’alphabet, tirées du livre pour enfant réalisé par l’artiste Touch the sky with your eye (Jean Boîte, 2019). Ce nombre de 25 posters mis à la disposition des  utilisateurs  des laveries est complété par un 26ème diffusé au delà des quartiers du nord-est de Paris via    le carton d’invitation-poster. Tous  – comme un virus – se propageront discrètement dans la sphère intime des gens qui les auront rencontrés. Composant ensemble les 26 lettres de l’alphabet, ces affiches détournent les codes du b.a.-ba de l’apprentissage pour offrir une voie de côté, une possibilité de rêverie et de changement là où il est le plus porteur d’espoir voire même d’utopies.

Le travail de David Horvitz a été présenté dans des expositions personnelles  à SCAI The Bathhouse, Tokyo (2019), la Criée  centre d’art contemporain,  Rennes (2019) ; ChertLüdde, Berlin (2019) ; Château Shatto, Los Angeles (2018) ; Albertinum, Staatliche Kunstsammlungen Dresden (SDK), Dresde (2018) ; Galerie Allen, Paris (2017) et au  New Museum, New York (2014). David Horvitz a également montré son travail au sein de nombreuses expositions collectives dans des institutions telles que la Biennale d’art contemporain Phenomenon, Anafi (2019) ; SFMOMA – San Francisco Museum of Modern   Art, San Francisco (2019) ;   S.M.A.K. – Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, Gent (2018) ; Le Centquatre, Paris (2018) ; Hangar  Bicocca, Milan  (2017)  ;  Palais  de  Tokyo, Paris  (2017) et MoMA – Museum of Modern Art, New York (2015).

Image : David Horvitz, extrait de Touch the sky with your eye, paru chez Jean Boîte Éditions, Paris 2019. Conception graphique: Joanna Starck. Reproductions: Antonin Verrier. Direction éditoriale : Mathieu Cénac et David Desrimais. Courtesy de l’artiste & Jean Boîte Éditions.