Dans le travail de Barbara Kapusta, sculptures, textes, performances et vidéos d‘animation se mêlent pour explorer ensemble les processus de métamorphose. Toujours en mutation – entre deux états, les oeuvres de Barbara Kapusta font appel aux potentiels de transformation contenu en chaque chose et chaque être et pose la question de notre matérialité et de notre devenir – pluriel. Laissant la place au regard et à l’existence physique du spectateur, l’artiste navigue entre les notions d’individu et de société, de démembrement et d’amplification, de fluidité et d’arrêt, de compilation et de fiction et abolit toute distinction et catégorie stricte.

Pour prologue, Barbara Kapusta présente des pièces issues de sa série The Giant, 2018. Associant céramique, porcelaine, pigment, caoutchouc, acier et bulles de texte élargies, ce travail nous renvoie à la fois à notre propre corps et à celui de l’autre – qu’il soit humain, animal, végétal ou fictif. Des membres jonchant le sol – présents, passés ou en devenir – viennent dire et faire dire des mots qui questionnent nos modes de fonctionnement en société et nos rapports aux autres. Ces énoncés placardés sur des bulles de texte font écho autant à l’univers de la bande-dessinée, aux pancartes de manifestations, qu’aux pensées connues, inconnues ou en gestation de l’artiste, du géant – cet être monstrueux et débordant – et du Ces bulles de textes font dire aux choses et à tout être qui entrerait sur cette scène et questionnent ainsi le rôle que chacun souhaite jouer dans l’espace de l’exposition et plus largement dans la société. Une installation qui sera également investie par l’artiste au cours d’une lecture-performance qui dialoguera avec les pièces et les réagencera dans une optique de processus constant de métamorphose et de remise en question où la place et le statut des êtres et des choses restent – et se doivent de rester – mouvants.

Le travail de Barbara Kapusta a récemment été montré dans le cadre d’expositions personnelles et collectives à Kunstraum, Londres (2019) ; Kunsthalle Wien, Vienne (2019) MAK – Austrian Museum of Applied Arts, Vienna (2019); Belvedere 21, Vienne (2019) ; Eugster, Belgrade (2019) ; Gianni Manhattan, Vienne (2018) ; Ashley Berlin, Berlin (2018) Pina, Vienna (2018); KW Institute for Contemporary Art, Berlin (2017) ; Scriptings, Berlin (2015) ; ICA – The Institute of Contemporary Arts Studio, Londres (2015) et au MUSAC – Museo de Arte Contemporáneo de Castilla y León, León, Espagne (2015). Barbara Kapusta a également publié un certain nombre de publications dont récemment Dangerous Bodies (Gianni Manhattan Vienna et Motto Books, Lausanne, Berlin, 2019).

Image : Barbara Kapusta, vue de l’exposition The Giant, Gianni Manhattan, 2018. Courtesy l’artiste & Gianni Manhattan.